Tout a commencé par un petit taux à 98 (HCG)... Qui aurait du atterrir aujourd’hui 14 décembre, mais…

Suite à mon rendez-vous gygy du jeudi 25 novembre, je m’étais faite à l’idée d’accoucher en décembre.
Ce dimanche soir je me suis donc couchée sans penser « qui sait ce que la nuit nous réserve »…
Et pourtant, plusieurs fois dans la nuit je suis réveillée par des maux intestinaux (enfin je pensais que c‘était ça…), donc de 1h à 5h je ne dors presque pas… dehors il a pas mal neigé, et je me dis que ce n’est pas le moment d’accoucher car belle-maman ne pourra pas faire la route pour nous emmener à la mater’.
A partir de 5h, c’est carrément de forts spasmes (barre en bas du ventre) qui reviennent régulièrement mais comme je me « vide aux toilettes » je pense vraiment à des problèmes intestinaux. Néanmoins comme ça perdure je commence à noter l’heure des spasmes (5h47...5h53...5h57...6h01...6h06...6h10) je me pose alors la question, contractions or not contractions ????

6h45 je laisse ma femme partir au boulot, car je suis toujours convaincue que ce ne sont pas des contractions, elle a quand même comme consignes de garder son portable sur elle ;)
Je continue à douiller vaillamment, puis à 8h je prends une douche chaude, et suite à celle-ci le calme plat pendant 20 minutes… Je me dis au pire c’est un faux départ…
Mais le repos est de courte durée, reprise des douleurs toutes les 5/10 minutes… je commence à souffler pour gérer. A 9h30 je prends 2 spasfons car la douleur se répend dans les reins.
Ensuite ma petite maman, me passe un coup de fil, entre les contractions j’arrive à tenir la conversation, ma mère trouve d’ailleurs qu’elles sont de plus en plus rapprochées, je renote à nouveau, effectivement c’est toutes les 4 minutes, et je commence à avoir du mal à trouver une position agréable (les fesses sur le bord du canap’…).

En plus de ma petite maman, je papote sur le net avec des copines qui réussissent à me convaincre que ce sont vraiment des contractions (et moi qui continue à dire « oui mais si je vais à la mater et que c’est justes des gaz/constipations, j’aurai l’air maline » «  t’as déjà vu des gaz réguliers, toi ?? » Qu’elles me répondent, mdr !!!
A 11h je finit par appeler ma moitié, qui comprends tout de suite, que les choses sérieuses ont commencées. Elle doit joindre une collègue qui nous emmènera à la clinique.
En les attendant je souffle ( & je souffre ! Lol) en continuant à papoter avec les copines…

Enfin, elles arrivent à 13h, je termine la valise, en faisant des pauses à chaque contraction (la situation est un peu burlesque je trouve)
13h15 On quitte l’appart ! Reviendrons-nous à trois ??? Holala
Région parisienne oblige on tombe dans les bouchons, il nous faudra une heure pour nous rendre à la mater au lieu du petit ¼ d’heure habituel. La position assise dans la voiture est très très inconfortable durant les contractions, surtout que celles-ci  s’étendent aux cuisses, c‘est de plus en plus dur à gérer.

Arrivée à la mater à 14h15, la sage femme toute gentille qui nous reçoit dans le service me pose 2/3 questions…
Je lui dit  « je crois que j’ai des contractions…mais j’suis pas sure j’en ai jamais eut »..mdr !
Elle vérifie alors mon col qui est seulement ouvert à 1 doigt ( je trouve que c’est peu mais au moins il est ouvert !!!) ce qui n’est pas assez pour rentrer en salle de travail, alors je vais passer 1h sous monitoring,  j’ai droit à un  petit suppo’ pour stopper les contractions…
Je crois que cette heure a été la plus horrible, la position allongée ou sur le coté était tout bonnement horrible lors des contractions, d’ailleurs je plante mes ongles rongés dans la main de ma femme, et je n’ai qu’une envie, arracher ce satané monitoring et me lever !!!!!

15h15, la sage-femme revient en déclarant «  bon alors, contractions toutes les 10minutes, ce n’est pas encore le vrai travail » (ah oui, j‘ai mal pour de faux pour l‘instant ? Ça promet lol)… on discute un peu, et je lui fait comprendre que vu les bouchons et pas de voiture à notre disposition on ne peut pas s’amuser  à partir/revenir, elle propose gentiment de m’hospitaliser jusqu’au lendemain en espérant un « vrai travail » sinon je rentrerai à la maison…
Par acquis de conscience et parce que chaque femme est différente, elle regarde où en est mon col.. Et là son visage change «  Ah bin non Mme V… on va passer en salle de naissance, vous êtes ouvertes à 5, vous voulez la péridurale ??? »
hein, quoi, qu’est-ce ? Sacré retournement de situation!! Contente tout de même de constater que ces contractions douloureuses étaient efficaces XD
Je passe une blouse bleue et hop direction « la salle » où notre fils devra se séparer de moi…

Allongée je retrouve mon copain le monitoring, et la sage femme tente de trouver une veine pour poser la perf’, la pauvre tatonne un peu partout, je n’échapperai malheureusement pas au pli du coude, mais ouf je peux me mettre debout (ma femme gère les fils du monito et de la perf) !!! Enfin debout c’est vite dit, j’ai le bout des fesses sur une chaise et les mains sur le lit. La sage femme repars en me laissant réfléchir pour la péridurale, elle me préviendra juste le dernier moment pour la poser. ( A noter que j’apprends, que pour gérer la contraction il faut souffler tout du long de celle-ci, et non pas faire le « p tit chien »).

Les minutes qui suivent je sens que les contractions s’intensifient, si bien que j’en tremble, je réponds mal à ma chérie qui tente la conversation pendant la douleur, quelle idée ! La pauvre est désemparée de me voir souffrir et souhaiterai que je prenne la péridurale, mais j’ai peur que celle-ci ralentisse le travail, et peur de l’acte lui-même. A 15h45 je finis par céder, ces contractions  j’arriverai tant bien que mal à les supporter, mais ensuite si ça s’intensifie, je sens que je vais craquer !
Ma femme va prévenir la sage-femme qui n’est pas étonnée de mon choix, elle appelle l’anésthésiste.

Avant que l’on me pose la péri’, elle doit revérifier mon col, il est 15h45, mon col est ouvert à 7 !!!! Elle semble étonnée ( c’est vrai que lorsque je repense aux cours, apparemment normalement c’est plus long, surtout les 1er cms…) Je lui dis que je dois tenir ça de ma maman qui a accouché en seulement 3h!
Pendant que l’on me pose la péri, ma femme est chargée de faire mon admission et d’aller déposer la valise dans la chambre.

16 h La sage-femme revient donc avec l’anésthésiste et une étudiante puéricultrice. Je me mets en position assise, la sage-femme en face de moi, je lui dis j’ai peur de bouger pendant l’acte, mais elle est très rassurante, me prends les mains. On propose à l’étudiante de se mettre du coté de l’anésthésiste pour voir la pose de la péridurale mais elle réponds « non, merci, j’ai envie d’avoir un 2ème enfant -et de reprendre la péri’ sous entendu »… lol et bien moi j’aimerai bien voir ^^… ensuite elle s’adresse à moi « vous gérez super bien à 5cm…moi à 4 j’hurlais » bon je lui ai pas dis que j’étais désormais à 7, pour pas la démoraliser la p’tite ! ;)
Après avoir mis la couche de de Bétadine et après une énième contraction , l’anésthésiste anésthésie la zone, « je gonfle à gauche, je gonfle à droite » « heu bah oui faites, faites !! Mdr »… il traficote quelques instants dans mon dos et voilà c’est chose faite, et je n’ai rien senti et c’est posé du 1er coup, ouf !!! Je me sens comme « entre deux contractions » sauf qu’une nouvelle contraction n’arrivera pas… soulagement, plus de douleurs dans le ventre et dans les reins !

Je me retrouve seule, maintenant je sens les contractions sous forme de sentiment de « poussée »… brusquement le cœur de bb passe de 120 à 50... Avec la péri je n’ai pas le droit de me lever… HELP!!!
La sage-femme arrive quelques instants plus tard, me rassure, elle reçoit toutes les infos dans son ordi du bureau de surveillance. En fait j’ai fait une chute de tension (7) -ah bon j’ai rien senti…- et bébé n’a pas trop apprécié… elle décide me percer la poche des eaux (16h15)… une bassine, une tige et plouf… le liquide chaud qui protégeait bébé se répend entre mes cuisses… je verserai presque une larme…
Bébé reprends un rythme normal !

Ma femme revient de la paperasserie à 16h30.
Des suites de la péridurale, mes jambes tremblent mais je n’ai pas froid, ça pousse toujours « en bas » à chaque contraction ( et sur le tracé, ça commence à faire de sacrées contractions…)
16h45, la sage-femme revérifie mon col (merci la péri, c’est drôlement moins douloureux), nouvel haussement de sourcils, « vous devez vraiment tenir de votre maman vous en êtes à 9 ½ » …. Youhou, c’est pour bientôt ou pas, car malgré le col quasi ouvert, bébé ne s’engage pas. L’Œil fixé sur l’horloge en dessus de la porte, on attends qu’il se décide, la sage-femme repasse souvent  vérifier où en est bébé et bizarrement n’arrive pas à savoir comment se présente la tête de bébé, elle appelle même à la rescousse le colonel en chef ( sage-femme surveillante, celle des cours à l’accouchement) qui -merci encore la péri’- tâtonne, n’en découvre pas plus, concluant par un « bébé n’est pas engagé, il va falloir attendre ».

Je lui dis que j’ai envie de faire pipi, elle hésite à me sonder car  normalement c’est juste avant la poussée, mais que là ça pourrait aider  bébé à descendre. Je sens bien l’acte, mais sans aucune douleur ( je me dis que la péri est bien dosée…).  Vers 17h30 elle m’informe que mon gygy est informé est ne devrait plus tarder.

La sage-femme revient quelques instants après avec un appareil pour faire une echo, car il y a un doute que bb soit bien la tête en bas (gloups!  Mon sang de fait qu’un tour, je n’aimerai pas de césarienne alors que tout se passait bien jusque là…)
L’appareil qui doit dater de la dernière guerre, donne une image tellement mauvaise, que la sage-femme n’est pas plus avancée (hallucinant !!!), pendant ce temps là les contractions de poussées se font de plus en plus fortes, je dois à nouveau souffler pour les gérer (dailleurs à chaque fois mon ventre en se contractant sur bb se réduit des 2/3, c‘est assez impressionnant), du coup la sage-femme rappelle l’anésthésiste pour une nouvelle dose. Il me fait marrer, il boite et a une tête de savant fou, il envoie la 2ème rasade, il est 18h, « ça devrait suffire »  dit-il! Super gygy ne devrait plus tarder…

Suite à la nouvelle dose de péri, je ne ressens plus rien du tout, et j’ai les fesses toutes engourdies…
18h15, super gygy est là , c’est rassurant !!
« ahh c’est un bon p’tit gars, il va arriver pile poil à l’heure pour l’apéro » commence t-il par dire.
C’est à son tour de comprendre comment se présente bébé, il appuie aussi en même temps sur le bidon et fort de son expérience constate que mini_bouilla est bien engagé comme il faut ( du coup il taquine la sage-femme) OUF !!!

Via la perf on me passe un produit pour accélérer le travail…et on attends, encore, la sage-femme déclare «  dans ½ heure il sera là »… je me permet d’en douter, ça fait trois fois qu’elle me le dit, elle rigole. Gygy vaque à ses occupations, je lui fait part de mes doutes sur la poussée car vraiment je ne ressent plus du tout les contractions… il ne semble pas inquiet !

18h45... On m’installe, complètement allongée (je suis étonnée !!!) les pieds dans les étriers, on me montre où m’accrocher ! La rencontre avec notre fils n’a jamais été aussi proche…
La sage femme me fait « pousser » une première fois en m’indiquant où et quand bloquer ma respiration.
Super gygy prends sa place, et c’est parti, la sage-femme, m’indique quand il y a une contraction, et je pousse (avec un peu de difficulté car je me sens toujours engourdie…), je bloque le temps qu’on me dit (qui a dit quoi, maintenant je ne saurai le dire, c‘est vite flou)… mais quand je reprends ma respiration je ne peux pas m’empêcher de tousser (ça me vaudra une déchirure…). C’est ainsi pendant trois contractions et environ 6 poussées (une pousseuse née avait dit la sage femme colonel en chef, pendant les cours)… jusqu’à ce que je  sente mon bébé sortir, il est chaud et mouillé… une vague d’émotion immense commence à m’envahir … on me propose de venir le chercher entre mes jambes, j’agrippe ses petits bras mais ça glisse, on m’aide à me soulever un peu pour le prendre sous les bras,  et c’est ainsi que je le sens sortir complètement pour atterrir sur moi… un sanglot m’échappe, le moment que nous sommes entrain de vivre, je l’ai tellement espéré,  un rêve devenu réalité, maman Irène coupe le cordon…

Il est 19h, notre bébé pousse son 1er cri, Bienvenue Lilo !!!
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On le dévore des yeux quelques minutes…(pendant ce temps gygy s’occupe de la délivrance.. C’est à ce moment là le dernier de mes soucis)
On emmène bébé et ma chérie pour les 1ers soins dans une autre pièce.

Pendant ce temps là, gygy  fait de la couture, apparemment j’ai besoin de points à l’extérieur et à l’intérieur…. Comme je luis dis, là ça va, ça picote à peine, c’est plutôt au réveil que je vais douiller !
Mimi le super gygy conclue sa prestation par « c’est une belle histoire entre nous, les essais, les échecs jusqu’à cette fin heureuse »… je suis touchée mais à cet instant là je manque de mots. Il a été là de A à Z pour nous, comme nous l’avions souhaité.

Juste après son départ, ma femme revient avec notre fils, elle rayonne de bonheur, enfin j’ai pu lui faire ce cadeau là.
Suite à l’accouchement je dois rester en salle de travail pendant 2h…mon fils ne quittera pas mes bras !!!  C’est dans cette ambiance calme et apaisée mais néanmoins euphorique que ma femme appelera famille et amis pour propager la bonne nouvelle…
A 20h la sage-femme viendra prendre congé avant la relève, je n’ai pas les mots pour lui dire combien son accompagnement a vraiment été humain et rassurant (d’ailleurs sa relève se révelera froide comme un glaçon)

Je garde donc un très bon souvenir de mon accouchement, plutôt rapide, bien accompagnée,  pour la fin j’avais les sensations sans la douleur ( le seul p’tit bémol, peut-être la péri un peu trop dosée d’où l’engourdissement). Cette journée restera à jamais hors du temps !

Depuis à chaque fois que je repense à sa naissance, je pleure d’émotion, car c’est vraiment ce jour-là que j’ai pris conscience du cadeau que nous faisait la vie, même si l’attente nous a semblé longue…

J'ai une pensée émue pour celles qui ont vécue une naissance (mamanges compris !!!), celles qui sentent bouger la vie en elles, celles qui sont proches de la naissance et pour les essayeuses persévérantes.

Au prochain épisode, le séjour à la mater (pas réjouissant) et le retour à la maison, magique!!! Mais pas évident avec l’allaitement!!!